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Ombre-haut

L’association MEA lutte contre l’excision des petites filles en Sierra Leone (Afrique de l’ouest).

Depuis 2007, MEA propose un échange aux familles : la prise de charge de l’éducation, en assurant toute la scolarité et les frais médicaux des filles contre la promesse des parents de ne jamais les exciser : une première dans un pays ou seule l’information, qui n’a jusqu’ici pas fait ses preuves, est privilégiée.

Le problème de l’excision en Sierra Leone est d’autant plus délicat que cette pratique constitue la porte d’entrée pour adhérer à la « Bondo Society », société secrète regroupant la plupart des femmes du pays. L’excision fait partie du rituel d’initiation pour intégrer cette structure. Vouloir lutter contre la pratique de l’excision sans rien proposer en échange est une illusion, du moins pour le moment.

La stratégie de MEA consiste à gagner la confiance de la population et de cette société de femmes qui pratiquent l’excision et à leur démontrer qu’elles peuvent conserver leur statut et leurs moyens d’existence en passant à des cérémonies et des rituels qui excluent l’excision. MEA a ainsi mis en place un nouveau type de cérémonie – « New Bondo Society » - qui conserve la beauté des pratiques traditionnelles mais en proscrit l’excision. Six Européennes y ont participé et sont ainsi devenues des femmes « Bondo », admises dans les cérémonies secrètes et partageant un rapport de confiance. De plus, Ramatu Fornah, ex-exciseuse en cheffe, est devenue la marraine du programme et leur alliée. Elle les appuie intégralement dans leur démarche, professant qu’il est hautement préférable de faire étudier les filles que de les exciser. Elle a ainsi convaincu vingt-cinq autres exciseuses à renoncer à leur pratique. Sans son soutien, il n’aurait pas été possible d’atteindre leur objectif.

MEA a construit une école en y développant un système pédagogique spécifique. Cette école accueille aujourd’hui une centaine de filles, à partir de l’âge de quatre ans.Les autres élèves du programme suivent l’enseignement des écoles de leur village. Les frais de scolarisation sont versés directement à la direction des écoles. De plus en plus de filles atteignent le niveau secondaire, ce qui est très encourageant. La prochaine étape du développement de leur programme va consister dans le renforcement de la formation aux niveaux secondaire et secondaire supérieur : les filles entrées dans le programme au moment de sa création atteignent maintenant ces niveaux et doivent poursuivre leur formation dans diverses filières : enseignement, soins etc. Les études dans ces degrés sont sensiblement plus coûteuses qu’au niveau du premier cycle, d’où la nécessité de consolider nos ressources par de nouveaux parrainages et soutiens.

Contact

Michèle Moreau
Route de Bugnon 4,
1897 Le Bouveret

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